Après-midi d’étude « Romain Gary, un et pluriel » à Paris
Après-midi est organisé en collaboration avec la revue Europe et avec le soutien de l’Ambassade de Lituanie en France Direction scientifique : Jean-Marc Terrasse, Pascal Torres, Rasa Balčikonytė, François Nida.
Romain Gary, un et pluriel
BnF - Petit auditorium
Quai François-Mauriac - Paris 13e
Mercredi 21 mai 2014
14h – 18h
Entrée libre.
Programme :
- 14h Introduction par Mme Jolanta Balčiūnienė, Ambassadeur de Lituanie en France et Jean-Baptiste Para, rédacteur en chef de la revue Europe
- 14h15 « La joyeuse angoisse de vivre » par Julien Roumette
- 15h Lecture par Anne Brissier : lettre aux Juifs de France (dans le Figaro-1970)
- 15h15 Archives vidéo
- 15h30 Lecture : Extrait de la préface au Catalogue de l’Exposition André Malraux (décembre 1977)
- 15h45 Table-ronde « Gary, un et pluriel » avec Nancy Huston, Pascal Torrès, Philippe di Folco et Maxime Decout, animée par Jean-Marc Terrasse
- 16h45 Lecture illustrée des photos de la communauté juive à Vilnius par Anne Brissier. Texte extrait de La Danse de Gengis Cohn
- 17h Projection du film Gengis Cohn de Elijah Moshinsky
Sur son identité, Romain Gary brouille toute sa vie les pistes. On sait aujourd’hui qu’il est né le 8 mai 1914 à Wilno – il prétendra un temps être né à Moscou – ce qui lui permettra la naturalisation française en 1935. Mais Wilno à la date de sa naissance s’appelle Vilna et est une ville russe, redevenue aujourd’hui Vilnius ville Lituanienne, après les années polonaises. Sa mère adorée Nina Owczynski, vient de Sweciany, une petite ville près de Wilno. Elle est fille de commerçants juifs, nomade dans l’âme et polyglotte. Romain-Roman porte le nom du second mari de sa mère, Kacew. La France est la destination que choisit la mère de Romain Gary pour émigrer, après la séparation du couple, avec son jeune fils, en 1928. Elle avait déjà quitté Vilnius où Romain a passé sa petite enfance, pour Varsovie où les Juifs ne sont pas bienvenus et les voilà à Nice où la communauté russe est importante. La suite est mieux connue. Etudes de droit à Paris, rêves d’écriture épisodiquement accomplis, héros dans l’aviation de la France Libre, depuis l’Angleterre, pendant la guerre, puis carrière de diplomate, rencontre cruciale avec les Etats-Unis et enfin la reconnaissance littéraire. Mais les questions identitaires demeurent et elles culmineront avec la grande affaire Gary-Ajar. Pseudo, double, hétéronymie, alias, quête d’un moi pluriel, tout est dit et tout est encore à dire.
Nous tenterons au cours de cet après-midi, cent ans après la naissance de Roman Kacew - alias Romain Gary - de proposer quelques éléments de réflexions sur l’histoire de cet homme à la séduction poignante. Julien Roumette, qui vient de co-diriger le numéro spécial de la revue Europe consacré à Romain Gary, nous rappellera ce que fut sa « joyeuse angoisse de vivre » et quelles en sont les racines. Une table-ronde reviendra ensuite sur les moments cruciaux des désarrois identitaires, avec Pascal Torrès, conservateur au musée du Louvre qui organise une exposition sur Romain Gary à Vilnius, Philippe di Folco, et Nancy Huston, écrivains connaisseurs éclairés de l’oeuvre de Gary/Ajar.
Elle sera illustrée de photos de Mecys Brazaitis sur la communauté juive de Vilnius au début du 20ème siècle, proposées par les services culturels lituaniens.
Anne Brissier fera entendre la voix de Romain Gary en lisant des extraits de textes.
Le film Gengis Cohn (1993) de Elijah Moshinsky, écrit par Stanley Price à partir du roman La danse de Gengis Cohn (Romain Gary-1967) terminera l’après-midi. Avec Diana Rigg et Stanley Price on découvre dans Gengis Cohn, un jeune acteur encore inconnu Daniel Craig.
Film étonnant, magnifique et mal connu, il nous plonge dans la question de l’identité juive en Allemagne dans la première moitié du XXe siècle.
Cet après-midi d’étude sera suivi d’un verre de l’amitié offert par l’ambassade de Lituanie
Pour en savoir plus : www.bnf.fr
Photographie de Sam Shaw, 1960/Shaw Family Archives © 1940-2012 Sam Shaw Inc./Roger-Viollet